Otite révélatrice

J’ai pensé à toi récemment. On me parle souvent de toi et à quel point tu m’aimais. Tu refais surface dans ma vie régulièrement, sans que je ne le contrôle. Sans que je le veuille. Sans même que je m’y attende.

Récemment, je râlais parce que tu es toujours un peu là dans ma vie.

L’autre jour, je me suis réveillée avec une otite. Alors j’ai cherché les causes émotionnelles de cette maladie. Ça peut être lorsqu’on écoute trop les autres, ou bien qu’on ne veut pas entendre les autres, ou encore qu’on ne veut pas écouter sa petite voix intérieure. Alors je me suis mise dans ma bulle et je n’ai parlé à personne ce soir là. J’ai laissé mon esprit vagabonder. Et je me demandais pourquoi tu revenais souvent dans les conversations, pourquoi on continue de me parler de toi alors qu’on ne se fréquente plus. Pourquoi je t’ai croisé l’autre soir. Pourquoi ça m’a fait bizarre de te voir. Pourquoi j’ai été froide avec toi. Pourquoi mes mains tremblent quand je te croise par hasard.

Et puis, je ne sais plus trop par quelle association d’idées c’est arrivé, mais j’ai eu comme une révélation: je n’ai pas réussi à t’aider et je le vis comme un échec. Voilà. C’est posé. C’est là, comme un éléphant au milieu du salon. Est-il possible que ce soit ça qui me bloque dans mes relations?

Pour illustrer mes propos, imagine qu’on ouvre une grosse vanne et que toute l’eau qui était bloquée dans le tuyau sort d’un coup, comme dans les dessins animés. Et je me prends tout dans la gueule. Voila, c’était ça dans ma tête. J’ai ouvert un truc. J’ai ouvert la vanne des questions: Est ce que je t’ai assez aidé? Est ce que j’aurai pu faire plus? Est ce que, si j’avais eu la force de continuer, j’aurai été plus forte que tes démons? Me suis-je assez battue? etc…

En rentrant, j’ai ressorti les vieilles photos. Étrangement, tu es le seul dont je n’ai pas supprimé les photos. Parce que tu étais ma muse peut être. Je me souviens que j’aimais te prendre en photo. Je me suis même surprise à sourire devant les photos de nous. Déjà trois ans. Le temps file… Alors j’ai réfléchi, je me suis souvenue que, quand tout allait bien, on passait de bons moments, on était complice, j’étais moi-même. Je me suis souvenue que nos engueulades étaient principalement dû à l’alcool et la drogue… et je me suis souvenue que si je t’ai quitté c’est parce que je me battais seule contre des démons qui n’étaient pas les miens. Si je veux aller plus loin dans la réflexion, je peux dire que j’ai repris les même batailles que ma mère… Mais c’est un autre sujet.

Alors qu’est ce que je fais maintenant avec tout ça? On me dit que t’es foutu de toute façon, que j’aurai rien pu faire, que j’en ai déjà trop fait. On me dit que t’es sans espoir. Que c’est trop tard t’as touché le fond. On me dit que je n’aurai pas pu t’aider. Mais moi je me demande quand même si c’est vrai tout ça.

Je crois que je culpabilise. Je crois que ma conscience a besoin d’être soulagé. J’ai besoin de savoir si c’est vrai ce qu’on me dit. Si je pouvais vraiment rien faire. Je crois que j’ai besoin que tu me libères de ce poids et que tu me dises que j’ai fait ce qu’il fallait, que je n’aurai rien pu faire. Je crois qu’il y a une toute petite partie de moi qui croit toujours en toi…

Je ne sais pas bien où cette réflexion va me mener mais je suis contente d’avoir eu le déclic. J’ai un travail à faire là dessus. Sûrement pas des plus simple. Cependant, j’ai débloqué quelque chose d’important …

giphy

4 réflexions sur “Otite révélatrice

  1. Madiana dit :

    Fait attention à toi.
    On ne peut venir en aide qu’aux personnes qui en on envie. Tu ne peux pas te battre à sa place. Je comprends que tu vives ça comme un échec. Tu aurais aimé le « sauver ». En avait il lui même envie?
    Au final tu as sauvé ta peau. Tu es partie et tu as bien fait. Ces personnes détruisent tout sur le passage. Y compris les personnes qui les aiment et tiennent à eux.
    Alors je veux bien concevoir que tu regrettes de ne pas avoir réussi à l’aider comme tu le voulais mais si tu étais resté, que tu avais continué à l’aider, à vouloir le sauver, le faire sortir de tout ca… Cela aurait était à quel prix?

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  2. Latmospherique dit :

    Il est clair que tu as mis le doigt sur quelque chose d’essentiel.
    Après pour ce qui est d’aider l’autre, de le sauver, ce n’est pas le but d’une relation. Je dis ça en connaissance de cause.
    Personne ne peut sauver personne. On peut soutenir, accompagner, mais on ne peut pas faire le travail à la place de l’autre surtout en matière d’addiction.
    Tu le dis à un moment donné, tu as recopié un schéma que tu connaissais (même si les données n’étaient pas les mêmes).
    Tu as été au bout de ce que tu pouvais donner. C’est toujours facile de faire culpabiliser les gens mais tous ceux qui te disent ces mots là, ils y étaient dans votre quotidien? Ils savent les tenants et aboutissants de votre relation? Ou ils veulent juste se donner bonne conscience?
    Tu as enclenché la première, c’est un bon début pour un nouveau chapitre de ta vie.

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  3. Sweet-Things dit :

    Sauver l’autre pour se sentir utile ….
    C’est pas vraiment de l’amour 😉
    Et on ne peut pas changer l’autre, quoi que l’on en pense.

    Tu peux culpabiliser, mais est-ce vraiment légitime ?

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