Aliènes toi

Aliènes toi. Sors le samedi soir pour t’alcooliser. Pour noyer tes problèmes. Pour noyer tes peurs. Noyer ta solitude. Pour te noyer dans la foule.

Sors parce que c’est ce que tout le monde fait. Fonds toi dans la masse mais sors du lot.

Bois jusqu’à la lie. Bois jusqu’à plus soif. Bois jusqu’à vomir même. Bois pour oublier. Oublier que t’es seul. Oublier que t’es con. Oublier que t’es différent. Oublier que lundi ça recommencera. Oublier que les autres sont des cons aussi. Oublier la vie.

Vas danser. Danses dans ton coin. Danses gentiment. Danses dans la foule. Danses pour te défouler. Pour draguer. Pour exorciser. Danses jusqu’à la transe.

Et puis sors pour essayer de pécho. Pécho un numero. Pécho une meuf. Un mec. Un râteau. Sors pour te rassurer. Te rassurer sur ta capacité à séduire. Ta capacité de plaire. Ta capacité à entrer en interaction avec le reste du monde. Ta capacité à communiquer.

Mais en fait t’as peur. Peur d’être rejeté. Peur des autres. Peur de toi?

Alors t’es là, dans un bar. Avec de la musique trop forte. Un verre trop chargé. Une salle trop pleine. Et puis tu regardes les gens. Et tu te demandes pourquoi t’es là? Pourquoi ils sont là? Alors tu bois pour oublier que t’es là. Tu bois pour te donner du courage. Et tu crois que t’es heureux. Tu crois que t’es vivant. Tu joues le jeu. Tu portes le masque social. Tu souris. Tu dis que tout vas bien. Que ta vie est géniale.

Et tu rentrera seul. Tu te croises dans le miroir, les yeux rouges, fatigués, pleins d’alcool. C’est toi ça? Au fond, t’es qui? Tu veux quoi? C’est quoi ton but?

Mais surtout, au fond, est ce que t’es heureux?

L’article a été quelque peu modifié puisqu’il avait disparu et que je n’ai pu récupérer que le brouillon initial! Sorry for that!

3 commentaires

  1. Je me demande souvent ce que les gens vivent à l’intérieur…
    Combler la solitude par tous ces artifices ne change pas la donne. Ou juste un moment, un moment pendant lequel on se force à dire que c’est ça notre bonheur.
    A un moment donné, tu as raison, on se croise dans le miroir (on s’arrête pas toujours faut de courage) et on se prend la réalité en pleine face.
    Tous tes mots sont très justes.

    Aimé par 1 personne

  2. Je dois avouer que je n’ai jamais compris cette fièvre du samedi soir, comme si cette soirée était le point culminant de la semaine, comme si on pouvait en 3 pas de  danse évaluer un être, comme si l’alcool pouvait être autre chose qu’un leurre…. 

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