Soirée C. …

Est ce qu’il t’es déjà arrivé de te retrouver au milieu de gens qui tapent tous de la C? Moi oui. C’est assez déconcertant au début, puis on s’y habitue. Et ça peut même devenir intéressant.

Je ne prône pas la drogue, attention, on est bien d’accord, la drogue, c’est mal! Mais bon, vu qu’elle est là, autant essayé de comprendre. Et observer les gens sous produit quand on est est clean est une activité assez fascinante…

Lorsqu’on se retrouve avec des gens qui tapent, alors qu’on ne prend rien, (à part un peu de champagne!), il y a toujours cette gène au début de leur part. Tout le monde se regarde et attend qu’un autre se lance en premier. Je sais que tu tapes, tu sais que je sais, alors assumes! Tape devant moi, qu’est ce que ça peut te faire? Tu as peur que je te juge? Tu te sens con de faire ça devant moi qui ne touche pas à ça? La C, ça s’assume pas vraiment je crois. C’est un truc qui se fait à plusieurs mais caché en même temps. Tu vois ce que je veux dire?

Et puis me retrouver là, les traces en face de moi, sur la table en verre, je me sens un peu comme dans un film. Ça me semble toujours un peu irréeel, et pourtant, c’est bien là. Sous mon nez, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots…

Finalement, le plus courageux se lance. Il roule son billet, se l’enfourne dans le tarin et aspire. Plus ou moins vite selon les gens. Ça dépend. Et la poudre a disparu, laissant un léger dépôt de poussière derrière elle.

Il y en a toujours un qui me demande plusieurs fois si j’en veux. Si c’est vrai que je n’ai jamais essayé. Genre vraiment jamais? Non. Jamais. Je m’abstiens d’ajouter que, quand je les vois faire, ça ne me donne absolument pas envie. Encore moins quand je les vois culpabiliser peu de temps après ou le lendemain. Quand je les vois se poser des questions sur leurs vies. Quand je les vois faire ça par habitude. Quand je les vois déprimer à cause de la redescende ou quand je les vois devenir des gros cons parce qu’ils ont pris celle de trop…

Et celui qui demande si tu n’en as vraiment jamais pris est toujours celui qui essaie de te faire craquer. Qui te propose la trace qu’il t’a préparé. Qui te regarde avec des yeux malins, plein de vice. Celui qui dit « oh, c’est l’occasion, tu veux pas? T’es sûre? Non mais t’as raison en même temps. Mais t’as pas envie d’essayer? »

C’est à ce moment là que celui ou celle qui tient le plus à toi, ou le plus proche de toi, ou celui qui a pour mission de veiller sur toi s’interpose. Généralement de façon assez abrupte. Sec. Autoritaire. Comme si tu n’étais pas capable de dire non par toi même. Et c’est souvent à ce moment là que je le regarde d’un air de dire « et pourquoi pas? ». Je crois que ça le fait paniquer. Parce qu’à ce moment là, il se dit « merde, si elle plonge, c’est de ma faute. » J’adore ce moment. Ce petit coup de stress. Planter le doute. Ouais c’est moche. Mais c’est de bonne guerre!

Et après tout ce petit rituel, les langues se délient. Les grandes discussions philosophiques s’enclenchent. Tout le monde se parle mais est ce qu’ils s’écoutent vraiment? Est ce qu’ils s’en souviendront demain? Est ce qu’ils assumeront ce qu’ils ont dit demain? C’est la question que je me pose… C’est l’heure de se faire une trace de plus.

Et moi je suis là, toujours éveillée mais de façon naturelle. C’est ça que je pense à chaque fois et on l’a fait remarqué lors de ma dernière soirée: « Non mais attends, Lula elle est avec nous depuis le début et elle est nette, elle. Elle prend rien mais elle dort pas! Elle nous suit mais sans rien…t’imagines? » Oui, moi je tiens sans rien. Je peux refaire le monde sans rien. Je peux partir dans des délires philosophique à jeun, même sans alcool, mon cerveau tourne à dix mille sans stupéfiant. Merci. Je le vis bien.

On m’a déjà dit plusieurs fois que j’avais pas besoin de me droguer. Parce que justement j’ai la capacité de partir dans des délires toute seule. Parce que je me pose des questions bizarre. Parce que je peux rire pour rien. Parce que j’arrive à suivre sans rien. Alors je me demande, si moi j’y arrive, pourquoi pas les autres? Quel est l’intérêt si le lendemain tu te sens comme une vieille loque? Que tu déprimes? Que t’as envie de te foutre des claques? Voire de te foutre en l’air? Non vraiment, j’aimerai comprendre…

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